Coaching exécutif en présentiel : ce que l'IA ne voit pas
Depuis quelques mois, une question revient régulièrement en début de premier rendez-vous : pourquoi ne pas simplement utiliser une application de coaching pilotée par intelligence artificielle, disponible à toute heure et à moindre coût. La question est légitime, et elle mérite une réponse plus réfléchie qu'un simple réflexe de défense de métier.
Ce qui se joue dans une séance ne tient pas qu'aux mots
Une séance de coaching de dirigeant se construit rarement autour des seules phrases échangées. Elle se construit aussi dans un silence qui s'étire un peu trop longtemps, dans la façon dont une posture se raidit au moment où une question touche un point sensible, dans une hésitation qui précède une réponse et qui en dit parfois plus que la réponse elle-même. Un rapport publié en 2025 par EMCC France sur l'intelligence artificielle et le coaching note justement que l'IA ne perçoit pas les silences, alors qu'en séance, un silence peut valoir mille mots. C'est précisément dans cet espace, entre les mots, que se joue une grande partie du travail d'accompagnement.
Ce que montre la recherche récente sur l'IA et le coaching
Les chiffres qui commencent à circuler sur le sujet sont instructifs. Dans l'enquête menée par EMCC France auprès de coachs et de directeurs des ressources humaines, près de soixante-dix pour cent des DRH interrogés expriment une crainte de déshumanisation liée à l'usage de l'IA dans l'accompagnement, et plus de quatre coachs sur cinq refusent de l'introduire directement en séance. La recherche académique invite cependant à la nuance plutôt qu'au rejet pur et simple : certains travaux montrent des résultats comparables entre coaching à distance et coaching en présentiel, notamment lorsque l'objectif porte sur une compétence précise et circonscrite. La différence devient nette dès que l'enjeu touche à l'identité du dirigeant, à des décisions qui l'engagent tout entier, ou à ce qu'il n'a pas encore réussi à nommer lui-même. C'est exactement le terrain sur lequel je travaille avec mes clients.
Pourquoi je reçois mes clients en face à face
C'est pour cette raison que j'ai organisé mon activité autour du face à face, plutôt que de le traiter comme une option parmi d'autres. Je reçois mes clients dirigeants à Paris, et je réserve la visioconférence aux situations où la distance géographique ne laisse pas d'autre choix, jamais par défaut. Ce choix a un coût en organisation et en disponibilité, mais il correspond à ce que je constate, séance après séance, dans l'évolution de mes clients : ce qui se débloque en présence ne se débloque pas toujours de la même façon derrière un écran.
La place de l'intelligence artificielle dans mon métier
Cela ne signifie pas que je considère l'intelligence artificielle comme une menace à écarter en bloc. Elle a sa place dans les tâches qui entourent le coaching, la préparation, la synthèse, l'organisation, et je m'en sers moi-même à cet effet. Mais la séance elle-même, le moment où un dirigeant vient déposer une décision qui lui pèse ou une transition qui l'inquiète, reste un espace que je veux garder pleinement humain. La frontière n'est pas entre le progrès et la tradition, elle est entre ce qui peut être délégué et ce qui ne le devrait pas.
Une conviction, pas une nostalgie
Un accompagnement qui touche à l'essentiel mérite qu'on prenne le temps de s'y déplacer, et c'est cette conviction, plus que l'attachement à un format ancien, qui continue de guider la façon dont j'exerce ce métier. Si cette manière de travailler correspond à ce que vous traversez, mon cabinet reçoit à Paris 16 (Victor Hugo) ou Paris 1 (Vendôme), et la prise de rendez-vous se fait en me contactant directement ou depuis la page contact du site. Faisons connaissance autour d’un café!

