Les cent premiers jours ne servent pas à rassurer tout le monde, ils servent à choisir ce qu'on ne fera pas.

Les cent premiers jours d'une prise de poste sont souvent vécus comme un examen de passage, où chaque geste doit rassurer un comité, une équipe, un actionnaire. C'est une lecture naturelle, mais elle passe à côté de ce qui se joue vraiment durant cette période.

Ce temps-là ne sert pas à prouver qu'on est à la hauteur. Il sert à observer, avant d'agir, ce que l'organisation attend réellement et ce qu'elle redoute confusément sans se l'avouer. Beaucoup de dirigeants que j'accompagne dans cette phase ressentent la pression de tout changer vite, comme si l'immobilité trahissait un manque de vision. C'est souvent l'inverse qui protège leur mandat : savoir nommer, dès les premières semaines, ce qu'ils ne feront pas, plutôt que d'accumuler des annonces qui les engagent avant d'avoir vraiment compris le terrain.

Une prise de poste réussie ne se mesure pas au nombre de décisions prises dans les cent premiers jours, mais à la justesse de celles qu'on choisit de ne pas prendre trop tôt.

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